A Partir du 22 Septembre 2021

Une quinzaine pendant laquelle tout le monde est invité à haranguer sur le thème « Et si... ? ».

Haranguer

, c’est prendre la parole, devant un public, avec un texte écrit, et regarder vers l’avenir.


Cela peut se passer dans les établissements scolaires ou dans la rue, à l’université ou dans les kiosques, dans des établissements culturels ou sportifs...

© D. R.

Anousheh Karvar

Déléguée du Gouvernement auprès de l'OIT - Présidente de l'Alliance 8.7

Avez-vous assisté à une harangue particulièrement mémorable?

J'ai vu une fois Barack Obama prononcer un discours en faveur de l'assurance santé pour tous, devant une assemblée de syndicalistes américains qui estimaient que le Président US n'allait pas assez loin dans ses propositions. Je l'ai vu retourner la salle en sa faveur en relatant, par une description minutieuse du quotidien d'Américains dépourvus d'assurance.

Comment vous préparez-vous pour écrire et prononcer une harangue?

Selon moi, une harangue doit épouser la forme de celle ou celui qui la compose et la prononce. Plus c'est personnel, mieux c'est !

Pour l'écriture, j'ai l'habitude de recourir autant à mes tripes qu'à mon cerveau. J'estime que pour partager des idées ou défendre des causes, les émotions sont tout aussi importantes que les raisonnements ou les démonstrations.

En ce qui concerne la prise de parole, il n'est jamais simple de rester calme et naturel quand on prononce une harangue devant un public qu'on ne connait pas d'avance. Pour surmonter la tension, il m'arrive de m'imaginer sur un bateau (l'estrade) face à une mer bienveillante et porteuse (l'auditoire). J'entame alors mon discours en fixant l'horizon au loin. Une fois les premières phrases prononcées et le trac progressivement surmonté, je parviens alors à baisser mon regard, la main sur le gouvernail, pour adapter mon ton et mes mots au jugement de mon public qui se forme.

Vous présidez une coalition mondiale, l'Alliance 8.7, qui vise entre autres objectifs à éradique le travail des enfants d'ici à 2025. Est-ce un sujet qui peut inspirer les participants à la Belle Harangue ?

Certainement. Selon moi, la harangue doit inviter l'auditoire à s'ouvrir à une perspective encore méconnue de lui ou à des émotions non éprouvée jusque là par lui. Je suis toujours émue lorsque j'entends des témoignages de jeunes adultes qui, enfants, ont été victimes du travail forcé.

Si j'avais quelques minutes pour haranguer, j'aimerais bien poser la question :

Et si nous bâtissions ensemble un monde où tous les enfants peuvent rêver et vivre leurs rêves d'enfant ?